Comment entretenir une bonne relation avec votre associé.

 

Ce qu’il faut retenir

Trouver le bon associé : le tester dans une relation de travail avant de l’embaucher, veiller entre autres à la complémentarité de vos compétences, à un partage de vision et de valeurs, à l’envie de travailler ensemble...

Rédiger ce qui sous-tend votre business (vision, mission, stratégie, valeurs…)  afin de partager un référentiel commun sur lequel vous pourrez revenir si besoin est sans pour autant brider les changements de cap qui pourraient s’avérer nécessaires.

Inspirer confiance par votre propre travail et vos qualités opérationnelles, relationnelles et humaines.

Communiquer de manière assertive, efficace et bienveillante en faisant appel aux bienfaits de l’écoute active et de la communication non violente.

Consacrer du temps pour le travail en commun en laissant la place à de l’inattendu.

Faire appel à un médiateur, si besoin est.

 

Vous avez respecté les règles de base pour trouver le bon associé

https://biznessful.com/article/comment-bien-choisir-son-associe :

complémentarité des compétences, vision partagée, valeurs communes, test de la relation de travail, choix d’un décisionnaire, émoluments et missions respectives définis, partage des parts de manière non égalitaire, conditions de sortie prévues dans un pacte d’associés.

Vous vous êtes posé les bonnes questions et avez fait confiance à votre intuition…

Vous tenez le bon associé et la bonne association !

Cependant, sachant qu’il vaut mieux prévenir que guérir...

                                                                                Une bonne relation, ça se construit ensuite au quotidien !

 

Donnez l’exemple et prenez la responsabilité de votre environnement à 100 %

Votre travail est de qualité, votre implication au maximum, votre résistance au stress malgré les coups durs ainsi que vos capacités relationnelles inspirent confiance et donnent envie de vous suivre quelque soit la météo au fil des hauts et des bas de votre activité.

Dans le même temps, votre associé traîne, se disperse ou bien n’a pas les compétences requises, ce qui nuit à votre entreprise.

Comment quitter le statut de victime qui pourrait être le vôtre et la mauvaise ambiance qui en résulterait ?

La clé c’est que vous soyiez responsable de vos actes à 100 % (pensées, paroles, décisions, réactions) et de toutes les situations et évènements que vous vivez avec votre associé, également à 100 %. C’est en effet en reprenant les manettes et en communiquant de manière ajustée que vous trouverez comment vous allez faire avec ce qui vous arrive.

 

Adoptez l’assertivité, l’écoute active, les questions ouvertes / d'approfondissement, la reformulation et la Communication Non Violente (CNV)

 

- Adoptez l'assertivité : Quand un problème se pose avec votre associé, il vaut mieux lui parler plutôt que de ruminer. Vous échangerez de manière dépassionnée, en étant factuel, pour trouver le moyen de vous en sortir : Comment vis-tu ton activité dans la startup ? Quelle est ta situation désirée ? Qu’est-ce qu’il te manque pour t’en rapprocher ?...  De quoi as-tu besoin ? un changement de rôle ? une révision du partage des parts ou du salaire ? un meilleur équilibre vie professionnelle / vie personnelle ? le suivi d’une formation complémentaire afin de te repositionner ?…La palette de désaccords possibles est large ! 

Être assertif, c’est affirmer votre position tout en restant ouvert à celle de votre associé et de son argumentation, en position gagnant / gagnant, ce qui renforcera vos chances de trouver un terrain d’entente.

 

- Adoptez une écoute active, ce qui vous permettra de favoriser une communication ajustée et d’établir cette relation de confiance tant recherchée.

Pour pratiquer l’écoute active, apprenez à faire silence au bon moment, posez des questions et pratiquez la reformulation.

Tout d’abord, le silence bien choisi est signe de respect pour donner du temps à chacun d’intégrer les informations échangées.

 

- Privilégiez les questions ouvertes : celles qui commencent par qui, quoi, comment, où, quand, pourquoi, quel.

 

- Pensez aussi auxquestions d’approfondissement :

« Quand tu dis que ... », « Qu’entends-tu ou que veux-tu dire exactement par... », ainsi qu’aux questions en écho reprenant un mot de votre associé sous forme interrogative.

Utiliser toutes ces formes d’interrogation dénotera votre dynamisme, votre curiosité et l’intérêt que vous portez à ce que vous dit votre associé pour réfléchir ensemble, argumenter chacun de manière pertinente et décider.

 

- Pratiquez aussi la reformulation, signe de votre qualité d’attention et de compréhension.

Tout ceci, pour cultiver le respect qui s’oublie quand tout va trop vite et que vous avez le nez dans le guidon.

 

- Adoptez la Communication Non Violente (CNV) quand la situation l’exigera : tension relationnelle, situation bloquée, besoin de changement par rapport à un comportement, une situation…

Pour la pratiquer, 4 principes à se souvenir en mnémotechnique par les sigles OEBD :

-       O comme Observation : rester sur les faits pour examiner la situation avec objectivité.

-       E comme Émotions : répondre à la question “Qu'est-ce que je ressens là maintenant ?” pour identifier les sentiments éveillés par la situation.

-       B comme Besoins : se poser la question “Quel est mon besoin ?”, pour identifier les besoins liés à ses sentiments de manière à se connecter à ses aspirations profondes, ses motivations…

-       D comme Demande : faire une demande claire, positive, concrète et réalisable à votre associé en vue de satisfaire vos besoins dans le respect de ceux de votre interlocuteur et de permettre à chacun d’interagir.

 

Communiquer de manière non violente consiste à échanger à partir de soi, de son “JE” et de l’expression de ses ressentis, sentiments et besoins et d’inviter son interlocuteur à agir de même. Toute critique passe alors beaucoup mieux lorsqu’après avoir résumé la situation, vous abordez la manière dont vous la vivez : « Je suis inquiet », « je suis énervé par rapport à ceci ou cela »…, de votre besoin et de la demande qui s’ensuit vis-à-vis de votre associé.

Concentrez votre attention sur ce qui est en jeu chez vous et chez l’autre, à réfléchir à votre intention : continuer à jouer à « qui a tort, qui a raison ? » ou bien (r)établir le lien ?

La condition pour que ce type de communication fonctionne est de laisser chacun s’exprimer : le dialogue reste alors ouvert ce qui permet d’apaiser plus facilement la discussion.

Exercez-vous à pratiquer la CNV en dehors du boulot, avec vos amis, en famille, en faisant vos courses. Des livres, petits guides, formations d’apprentissage sont légion pour vous aider à progresser. Devenez le roi ou la reine du « parler vrai et franc dans le respect et la bienveillance ». Bien communiquer pour entretenir des relations saines et conviviales, çà s’apprend toute comme faire de la bicyclette ou conduire une voiture ! Développez des automatismes… ce qui ne vous empêchera pas de garder votre naturel et votre spontanéité !

 

Favorisez une collaboration constructive

Elle passe par la transparence, le partage des informations clés et la prise en compte systématique du point de vue de votre associé pour les réflexions stratégiques et les prises de décisions. Il apporte temps et argent. Respectez-le en favorisant son implication, source de motivation et de bonne entente autour d’un projet commun.

 Le fait de penser différemment et de confronter des points de vue est une source de richesse pour toute entreprise. Vous avez du reste recherché cette complémentarité lorsque vous avez choisi votre associé. Et vous avez eu bien raison ! Elle participe à l’intelligence collective pour résoudre des problématiques, développer la créativité dans l’offre de services et les relations partenaires.

Autrement dit, il s’agit d’affronter ensemble une situation ou une problématique donnée dans une démarche solidaire sans s’affronter.

Soyez tourné vers l’intention positive de votre associé, Encore une fois, comme dans un couple, gardez l’admiration que vous avez eue lorsque vous l’avez rencontré pour la première fois. Comment ? Par l’empathie et votre compréhension bienveillante. Mettez-vous à sa place quand son comportement vous agace et cherchez derrière une manière d’être qui vous insupporte l’intention positive qu’elle peut avoir.

Interrogez-vous aussi sur votre propre fonctionnement comportemental. Il vous convient ? Alors, pourquoi celui de votre associé vous énerve t-il ? Acceptez tout simplement vos différences et parlez-en.

Dans notre vie relationnelle, nous pouvons être tentés par le regard de celui qui envisage et de celui qui dévisage. C’est ce regard d’attitude intérieure qui construit une bonne ou une mauvaise  relation. C’est pourquoi le résultat prédictif d’un test de compatibilité de personnalité par algorithme déçoit.  L’IA (l’intelligence artificielle) ne peut supplanter l’IC (l’intelligence du cœur).

 

Eliminez les sources de conflit possibles 

Prenez les devants en encourageant la liberté d’expression.

De quoi entretenir un bon climat de confiance et d’éviter un bon nombre de conflits provenant de non-dits.  Amenez votre associé à être lui-même, à oser dire clairement ses envies, besoins et attentes.

Vous avez pris la précaution de bien caler ce que vous souhaitez au démarrage de votre association : partage de capital et des missions respectives avec une réflexion approfondie autour de la vision, de vos valeurs et de votre motivation à vous lancer. Vous aurez également fait le point sur les atouts de chacun (compétences et personnalité), vos capacités de financement, les richesses de vos carnets d’adresses, interrogé l’équilibre recherché vie professionnelle / vie personnelle ...

Un bon nombre de ces éléments peut s’inclure dans le business plan et puisqu’il s’agit de votre business, vous y adjoindrez toutes les annexes que vous jugerez utiles pour rendre compte des points cruciaux qui vous tiennent à cœur.

Ce dossier de démarrage peut vous servir d’arbitre en cas de divergence de vues dans les choix à opérer ultérieurement : le sacrifice personnel en termes de temps libre, jusqu’à quel niveau ? des embauches de salariés et des appels à des stagiaires, si oui, combien ? vendre l’entreprise au plus offrant en cas de succès plutôt que de la développer ou l’inverse ? le « product market fit » est-il suffisamment clair ? ...

Vous avez défini un pacte d’associés, en annexe des statuts, qui fixe les règles de gouvernance dont entre autres, les règles de départ de l’un ou l’autre des associés, les règles de changement de répartition de capital …

Passer le plus possible par l’écrit est un bon moyen de susciter une réflexion constructive avec votre associé plutôt que de vous laisser guider par les émotions. Pas de pilotage automatique non plus. Vous avez besoin d’un ancrage solide de votre projet sans exclure le pilotage à vue sur le mode lean start up afin d’offrir un product market fit pérenne dans le monde mouvant du marché et de la concurrence.

Une vie d’entreprise comme toute vie humaine se pétrissant de changements et de mutations, rien ne pourra vous prémunir de conflits éventuels face à des changements de cap. C’est pour cette raison que le partage de vision et de valeurs avec votre associé est si important.   

Dans votre trousse à bon sens, à piocher aussi au gré des circonstances : remettre les discussions au lendemain quand elles deviennent houleuses, savoir dire les choses plutôt que de les garder pour soi, régler les problèmes en direct avec la personne concernée, être factuel plutôt que de jouer d’interprétations, manier l’humour à bon escient, vous aérer (sport, culture, nature…), faire appel à une tierce personne médiatrice en cas de crise…

 

Faites des points réguliers sur l’activité avec une place à l’inattendu

Prenez des « temps à part » surtout si vous travaillez à 200 à l’heure.

Un QG de 15-20 mn au petit café du coin, tous les lundis au démarrage de la journée, peut être une bonne idée pour démarrer la semaine avec votre associé et l’équipe. Une bonne relation de travail se nourrit également au quotidien : 10-15 mn pour la coordination en prévoyant au moins 1 fois par mois une réunion programmée pour récupération de feed-backs et point sur l’état d’avancement des différentes actions…

Cependant, rien ne vous empêche de prendre l’habitude de déjeuner une fois par semaine avec votre associé sans ordre du jour, juste pour avoir du plaisir à être ensemble, parler de tout et de rien. Vous pouvez aussi pratiquer un sport ensemble… Soyez créatif et agile sur ce temps libre « off », en dehors de la quête du succès de votre startup. C’est une façon de vous connaître autrement et d’enrichir votre relation.

Fêter un succès, un anniversaire : une virée au bowling, en randonnée, au théâtre, au restau ? À vous dire merci pour les efforts prodigués (même si les affaires vont mal ou moins bien que ce que vous espérez)… De quoi fédérer et rebooster les énergies !

Plus vous connaîtrez votre associé, plus vous l’aimerez… ou... pas !

Le conflit s’est installé ? La médiation a échoué ? Vouloir faire comme si tout allait bien pour réussir votre entreprise, c’est comme vouloir gagner un marathon avec un caillou dans sa chaussure.

Pour la pérennité de votre activité, le seul choix qui vous reste alors, c’est de vous départir de votre associé dans les meilleures conditions possibles (en faisant jouer la clause vesting du pacte d’associés si vous avez été prévoyant) pour repartir d’un bon pied…afin de partager votre vie d’entrepreneur avec une vraie dream team, celle qui réunit ses efforts vers la réalisation d’une même mission sous l’éclairage d’une vision commune.

 

Anne-Marie Bourgès-Maunoury

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